(S)LOW
Groupe A (de Abitds à Dogot)
Lundis 23 et 30 mars, et 13 avril 2026, de 15h15 à 18h15 —salle 1p10
Dans cet atelier il sera question d’high-tech et de low-tech, de "fonctionnalités" et de besoins, de frugalité et de ré-invention. Les étudiantxes analyseront en profondeur une application numérique qui leur est familière et tenteront de définir en listant exhaustivement ses fonctionnalités et à quel(s) besoin(s) celle-ci répond. En partant de là, iels apporteront une réponse spéculative à ce(s) besoin(s) en imaginant un outil qui ne nécessite pas d’électricité pour fonctionner. Le rêve, la fiction, la lenteur, la convivialité, l’impossible, le bricolage et l’absurde seront conviés pour éclairer sous un nouveau jour nos outils numériques et leurs toujours plus nombreuses "fonctionnalités".
descriptif général
La low-tech, littéralement basse technologie, désigne une catégorie de techniques durables, simples, appropriables, résilientes produisant des objets facilement réparables et adaptables. Ce concept est souvent associé aux concepts de sobriété énergétique et/ou de sobriété économique. Le terme pourrait être traduit aussi par « technologies douces ».
La low-tech se veut une démarche technocritique, plutôt que technophobe. Elle s’oppose à l’obsession de la high-tech et s’accorde du principe de techno-discernement ; la low-tech est donc complémentaire à la high-tech dite utile. La low-tech désigne tout type de produits, services, procédés ou autres systèmes permettant, via une transformation technique, organisationnelle et culturelle, le développement de nouveaux modèles de société intégrant, dans leurs principes fondamentaux, les exigences de durabilité forte et de résilience collective.
(définition remodelée de Wikipédia)
Dans cet atelier, l’approche low-tech sera spéculative, il s’agira d’imaginer comment répondre à un ou plusieurs besoins spécifiques, habituellement satisfait par une application web ou un smartphone, sans utiliser d’électricité.
Exercice
– Former un groupe de minimum 2 à maximum 5 personnes
– Ensemble choisir une application, un software, un outil numérique (service de mail, réseau social, application de rencontre, assistant personnel (IA), application de vidéos, application de cartographie/gps, de livraison de repas, jeu, etc...)
– Etudier ensemble l’application choisie : À quoi sert-elle ? À quels besoins répond-t-elle ? Quelles sont ses “fonctionnalités” ?...
Exemple : Google maps sert à se répérer dans une ville, sur une route, nous guide comme un gps, permet de laisser des petits drapeaux sur les endroits que l’on aime ou que l’on aimerait découvrir, laisser et consulter des avis sur des lieux, chercher le meilleur itinéraire en transport en commun, calculer les temps de parcours entre 2 lieux, calculer des distances à vol d’oiseaux, se promener vrituellement dans une ville grâce à streetview, etc – Google maps a encore de nombreuses autres “fonctionnalités”.
– Etre le plus exhaustif possible, aller dans les détails et documenter cette recherche dans le pad (Bonus investiguer sur le coût énergétique et/ou humain nécessaire au fonctionnement de cette application).
– A partir de là, imaginer un outil, une procédure, un mode d’emploi, un·e .... Qui puisse répondre aux mêmes besoins, avoir la même “utilité”, les mêmes “fonctionnalités” mais cette nouvelle invention ne doit pas nécessiter d’électricité pour fonctionner.
– Trouver un nom à votre nouvel “outil”
– Pour décrire cet outil, vous pouvez utiliser toutes les formes possibles : description encyclopédique, récit, fiction, tutoriel, mode d’emploi, schéma,... Et tous les médiums : écriture, dessin, photo, son, vidéo, performance (filmée),...
– Ne pas hésiter à rêver, imaginer, spéculer et sortir du cadre – Votre invention peut avoir des fonctionnalités inopérantes ou complétement farfelues, un fonctionnement impossible, erratique ou aléatoire, voire un outil qui au final est inutile ou inutilisable – tout ceci dans une optique critique quant à l’utilisation des ressources, la réponse aux besoins et l’utilité.
– Penser cet outil comme une possibilité de re(créer) du lien, d’engager les utilisateurices dans des processus de rencontre, de discussion, d’actions.
– L’objectif est de réfléchir aux ressources et aux moyens nécessaires pour réaliser une action (la fonction de l’outil) pour essayer de réduire au minimum ses ressources en réalisant la même action, et en y ajoutant une plus-value humaine.
contrainte de formes pour le rendu
– La forme sera fictionnelle, spéculative, et rendue via des textes, images, sons et/ou des vidéos sur un pad créé par chaque groupe d’étudiantxes.
– S’il y a utilisation d’images, de sons et/ou de vidéos, une attention particulière sera portée à l’utilisation de formats et d’encodages légers.
Pistes/Mots Clés
– Questionner les besoins
– Aborder l’hypothèse du ralentissement, face au progrès qui accélère
– Envisager la possibilité d’être improductif·ve
– Un outil qui émancipe, contre un outil qui asservit
– Questionner l’échelle, la taille, la dimension
– Créer du lien et/ou de la friction
– Accepter les bugs et les dysfonctionnements
– Revenir à la matérialité
– Amener de la poésie
modalités de cotation
Présences 50% + rendu 50% (travail de documentation + originalité des concepts)
liens
LowTechMagazine
https://solar.lowtechmagazine.com/fr/
Le Lowtech Lab son wiki et sa bibliothèque
[https://lowtechlab.org/fr]
[https://wiki.lowtechlab.org/wiki/Group:Low-tech_Lab]
[https://lowtechlab.org/fr/les-outils/ressources-documentaires]
Aram Bartholl
Un service de cloud emmuré, ou une dropbox très locale
https://arambartholl.com/dead-drops/
Filipe Vilas-Boas - URL - IRL - Faire rizhome
https://filipevilasboas.com/filter/Low-Tech/URL-IRL-Faire-rhizome
Lauren MacCarthy
Dans plusieurs de ces travaux, elle devient une application humaine. Elle remplace les algorithmes par sa propre personne pour tester nos limites sociales.
Avec la pièce Follower elle propose un service où elle vous suit physiquement dans la rue pendant toute une journée. C’est un "follow" réel, sans écran. Elle reste à distance, vous regarde, mais ne vous parle pas. Elle matérialise le sentiment étrange d’être observé·e en ligne.
Pour l’oeuvre LAUREN, elle s’est installée chez des gens pour jouer le rôle d’une "Alexa" (Amazon) humaine, contrôlant leurs lumières et leurs serrures à la main, rendant l’intimité technologique soudainement très concrète et intrusive.
https://follower.today/#welcome
https://get-lauren.net/LAUREN
https://get-lauren.net/SOMEONE
Raffard-Roussel
Est un duo d’artistes-chercheureuses (Matthieu Raffard et Mathilde Roussel) explorant les relations entre technologies numériques, écologie et société. Leur travail de recherche-création vise à réapproprier les outils technologiques du quotidien, questionner l’obsolescence et inventer de nouveaux imaginaires écologiques à travers des machines, des récits et des enquêtes.
https://www.raffard-roussel.com/
Chloé Azzopardi - Non technological devices
https://opendoors.gallery/artists/chloe-azzopardi-2/non-technological-devices
Caroline Sinders - Potatoes Network
The Potato Network est un réseau social expérimental à petite échelle, alimenté en partie par des pommes de terre. Il envisage et repense Internet à l’heure de l’urgence climatique et de la crise énergétique mondiale.
https://potatoes.network/
https://carolinesinders.com/the-potato-internet/
Dasha Ilina
https://centerfornetintimacy.com/
http://centerfortechpain.com/
article sur le dernier workshop à iMAL de Dasha Ilina et Marie Verdeil
https://www.institutfrancais.com/fr/magazine/creation-numerique/residence-extra-penser-autrement-technologie-marie-verdeil-dasha-ilina
Disnovation - ZERO NET - codec video ultraléger
https://disnovation.org/zeronet/fr/
Réflexion d’une graphiste sur le low-tech
https://timrodenbroeker.de/meandering-thoughts-on-low-technology/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Besoins_humains_fondamentaux
La convivialité – Ivan Ilitch
https://lowtechlab.org/fr/les-outils/ressources-documentaires/ressource-recrigUTOH21dLSWe
Ivan Illich est philosophe, un penseur de l’écologisme et une figure importante de la critique de la société industrielle. S’il a beaucoup œuvré à l’analyse critique du développement industriel, il s’est aussi attaché à défricher les ressorts d’autres modèles de société possibles, plus justes et plus soutenables. Ceux-ci reposent selon lui sur l’avènement d‘“outils conviviaux”, qu’il oppose au concept de “machines”. cet outil convivial accepte plusieurs utilisations, parfois détournées du sens originel, et permet donc l’expression libre de cellui qui l’utilise. Quand l’outil convivial émancipe son utilisateurice en lui permettant de retrouver du pouvoir d’agir et de s’épanouir. Dans “La convivialité” (1973), Ivan Illich écrit : « J’appelle société conviviale une société où l’outil moderne est au service de la personne intégrée à la collectivité, et non au service d’un corps de spécialistes. Conviviale est la société où l’homme contrôle l’outil. »
— photo : Listen, 2025, de Qiu Zhuo (cn/fr)