Vous êtes loggé. Clic ici pour Logout
Vos actions : Créer un document, voir la page générale.

Cultures numériques

Cours de Bachelor 1

Consignes du workshop, session 2

La deuxième session sera une session de remixage.

Session 2

deuxième et troisième (voir plus !) génération de mèmes

  • 15H-16H : présentation colective des mèmes de la première session. A partir des mèmes générés à la première session, reprendre 3 mèmes de quelqu’un d’autre et décliner une version de 2e génération pour chacun d’entre eux. Ce peut être une amélioration par reformulation ou choix d’image proche ou une déclinaison/déformation.
  • 16H-16H15 : pause
  • 16h15 : création d’une troisième génération.
  • 15h15 : présentation collective des mèmes générés

Incubation et diffusion

Le mème, on l’a vu, peut se créer rapidement. Mais faire un mème qui frappe, au point d’être retransmis, puis repris, est une autre paire de manches, et même d’autres paires de manches. Le mème est en effet un travail collectif, car il demande a être "poli", à trouver une forme forte et résistante, s’il veut survivre.
Pour trouver cette forme, il se doit d’être repris, de muter, de s’allier avec d’autres formes. C’est une leçon pour les artistes : aucun signe n’est une île. C’est pourquoi cette deuxième séance se veut une reprise en deuxième et troisième (et plus) générations pour mettre à l’épreuve les mèmes produits.

Il suffit de voir le site Reddit.com (wikipedia), considéré comme un des plus grands incubateurs de mèmes, pour voir que la production et réinterprétation est un processus complexe.

Voir un article sur le sujet sur Lifewire.

Mème amélioration et citation

Le mème se transmet par viralisation, mais sa spécificité est de muter. Cette mutation lui permet de trouver sa forme la plus résistante et la plus apte à se transmettre.

On peut trouver là une analogie avec le travail artistique. On peut voir l’histoire de l’art comme un incubateur de signes qui se transmettent, par génération successives.
Mais la différence avec un darwinisme un peu plat est que le circulation des signes n’est pas pyramidale, depuis une base large jusqu’aux hautes sphères raréfiées du succès. Les signes circulent de manière plus accidentelle, ce qui donne d’autres perspectives. Des signes peuvent faire des entrées fracassantes dans l’histoire de l’art grâce aux intuitions des artistes ou leur capacité à reconnaitre du commun là ou d’autres voient du vulgaire (au sens de vulgus, le peuple). Ainsi, qui aurait pu penser que la peinture d’une boite de soupe deviendrait un signe pouvant circuler dans l’art contemporain ? Warhol, Haim Steinbach, mais aussi Daniel Buren, Picasso, Manet, Jeff Koons, Cindy Sherman ont transféré des signes provenant de sous-culture, présents dans l’inconscient visuel de leur époque, vers l’art. Une question intéressante est toujours pour un artiste, de savoir quels sont les signes les plus fréquents et en même temps les plus ignorés par la culture qui circulent autour de lui, et pourquoi.

Par Stéphane Noël, 14 octobre 2018