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Cultures numériques

Cours de Bachelor 1

Consignes du workshop, session 3

Cette troisième session est une session de diffusion.

Session 3

Diffusions des mèmes

La duplication par les internautes (copie, reblog, retweet, following, partage) est devenu le nouveau mécanisme de diffusion d’informations et c’est par cette voie essentiellement que le mème peut vivre une vie virale. Plus puissant encore que la rumeur, le mème échappe à son émetteur par un canal de diffusion dont les ramifications lui échappe. Un hashtag peut devenir un mème en lui-mème, une performance filmée et répétée par des milliers de personnes aux quatre coins du monde.
Le mème constitue avec les temps un vocabulaire de signes distincts et identifiables par une communauté de personnes pour qui la référence est partagée.
Considéré comme élitiste pour certains, on constate cependant qu’il est à la portée de tous.
L’utilisation aujourd’hui standardisée des émoticones en témoignent, tout comme l’argot numérique tel que le langage sms. (lol, <3 etc.)
Ces usages typiquement empruntés aux outils et aux pratiques du numérique sont l’illustration d’un phénomène culturel intiment ancré dans son époque et sa technologie.
Dès lors que des artistes interrogent ces pratiques et ces usages, que convient-il de proposer, critiquer, détourner en école d’art et pour quel type de message ?
Pourrait-on par exemple, déplacer la production du mème sur d’autres applications/objets :

  • le mème d’un livre que l’on va déposer sur un banc ou dans une give box,
  • le mème d’un objet de design : une lampe customisée

On retrouve dans l’histoire de la peinture une série de pastiche, faux, détournements de l’ordre du mème : cad la réappropriation d’image culturelle qui tant elles sont connues retombent d’une certaine manière dans le domaine public :

La Joconde

Roy Lichtenstein
Travaille déjà sur la récupération d’images de la culture populaire. A son tour, il est repris et rediffusé sous d’autres formes et croisé avec d’autres icones de la culture pop.

Curieusement Google image l’associe à la Joconde ! Google image ne serait-il pas un grand créateur de mèmes ?

Killroy was here
D’après wikipedia, un des premier mème avéré est le "killroy was here" apparu autour de la bataille de Normandie. Malgré le caractère personnel du texte, Killroy est plutôt une prise de possession de l’espace conquis par l’armée américaine, le jeu étant de placer le texte dans les endroit les plus incongrus. Aujourd’hui, on le retrouve encore dans les toilettes des cafés.

Boris Achour
En 2001, Boris Achour réalise 200 boites VHS et les place sur un rayonnage continu de 40 mètres. Le mème est ici l’esthétique même du boitier VHS, une feuille A4 sous jaquette plastique avec une face avant, un dos et un arrière. Une esthétique reconnaissable que reprendra le DVD. Achour joue à imiter les différents registre possibles, du documentaire arte à la comédie burlesque avec Louis de Funès.

Diffuser les mèmes

Lors de cette dernière séance de workshop, il vous est demandé de diffuser les mèmes les plus aboutis à votre sens, qu’ils soient de vous ou d’autres.

  • réseau sociaux
  • pins, tee-shirt...
  • affiche, flyer imprimé
  • la performance (danse)
  • le corps (pizza domino)

Le tee-shirt frôle avec le produit dérivé ou le marketing, dont le mème se sert comme support critique et auto-proclamé.

Une publicité qui a dérapé, ou plutôt dont la portée a échappé à son annonceur est celle de Domino Pizza en Russie, qui a lancé un drôle de défi aux consommateurs russes. La marque américaine a promis d’offrir 100 pizzas par an pendant 100 ans à toute personne qui oserait se faire tatouer son logo et qui posterait ensuite une photo de son tatouage sur les réseaux sociaux.
Mais très vite, Domino’s Pizza s’est retrouvé dépassé par l’afflux des photos sur les réseaux sociaux.

Par Stéphane Noël, Alexia de Visscher, 21 octobre 2018