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Cultures numériques

Cours de Bachelor 1

Le corps des algorithmes

« Un algorithme, c’est tout simplement une façon de décrire dans ses moindres détails comment procéder pour faire quelque chose. Il se trouve que beaucoup d’actions mécaniques, toutes probablement, se prêtent bien à une telle décortication. Le but est d’évacuer la pensée du calcul, afin de le rendre exécutable par une machine numérique (ordinateur…). On ne travaille donc qu’avec un reflet numérique du système réel avec qui l’algorithme interagit. »

Consignes

Présentation

L’ordinateur est une extension de la pensée, ou une pensée réifiée. Il possède un corps, mais ce corps n’est pas le nôtre, et n’est pas affecté par les mêmes affects que nous, ni ne produit la même sensibilité.

Un ordinateur n’a pas nécessairement d’extensions (diodes, écrans, leviers) permettant de communiquer son activité. Nous n’avons pas, dans ce cas, accès en tant qu’humain à ce qu’il fait.
Le flash crash du 6 mai 2010, par exemple, a vu en 10 minutes le Dow Jones chuter de 900 points, 10 minutes dont on est toujours en train d’analyser les logs pour comprendre ce qui a pu se passer entre les ordinateurs procédant à des milliers d’opérations boursières par seconde.

Les ordinateurs nous sont inaccessibles parce leurs interfaces ne sont pas toujours dirigées vers nous, ou parce que leur activité n’est pas faite pour être physique, mais aussi parce que leur vitesse d’exécution excède nos capacités de perception.

Programmer, c’est donc penser une suite d’opération logique qui ensuite sera implantée dans un corps qui nous échappe physiquement, et que nous ne pouvons que nous représenter mentalement. Les bugs ont donc plusieurs sources possibles : dégradation matérielle, erreur de logique, manque de contrôle des interactions entre fonctions et paramètres. Nous ne pouvons les appréhender tous parce parce que la machine est un Autre, un corps particulier. Les machines ne peut donc penser comme un humain parce que leur corps n’est pas celui d’un humain. Turing dans les années 40’ a déjà fait ce postulat simple, qui lui permettait tout de même d’affirmer qu’une machine pense, même si ce n’est pas au sens où nous l’entendons.

La physicalité de la machine détermine ses capacités. On appelle “ordinateur” une machine de 1978 ou une autre de 2017 mais ce qu’elles peuvent faire, à quelle vitesse, est très différent. Il n’y a pas de magie en informatique, encore moins que dans le monde physique, qui possède une résilience et une dynamique qui échappe au monde fini des machines.

Pourtant, la logique qui anime les ordinateurs a été conçue par les humains. En ce sens, l’ordinateur est le point culminant de la pensée humaine. Et il y a donc un aller-retour entre ces machines et nous. Nous avons conçu leur corps comme une extension de nous-même, et ce corps modifie la manière dont nous appréhendons le monde. Les artistes au cours du 20e siècle commencé à intégrer des procédures quasi algorithmiques dans le travail, pressentant la convergence du monde des hommes et de celui des machines.

Ce workshop tendra a explorer quelques-unes de ces convergences.

Session 1

Nous expliciterons les notions d’algorithme et montrerons quelques fonctionnement en diagramme.
La classe identifiera ensuite le diagramme de l’activité d’un ordinateur.
A l’inverse, il sera demandé ensuite aux étudiants d’exécuter un algorithme devant d’autres étudiants.

Session 2

Les étudiants élaborerons une procédure algorithmique, la dessineront et l’exécuterons ensuite en groupe. Le résultat sera capté et doncumenté.

Références
Comptes rendus