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Cultures numériques

Cours de Bachelor 1

Dessine-moi un Geek

Kartheuser Julien, Lachaux Mahée, Sofia Lambinon, Elioth Joris

Qui a dit « un geek ne dort pas, il se met en veille » ? Est-ce ce jeune de 6 ans né avec un iPad dans les mains ou cette grand-mère ayant grandi sans TV ? La figure du geek se métamorphose à travers les générations. Instable, comment donc la traiter de façon pertinente à l’heure actuelle ?

Lorsque l’on recherche « geek définition » sur Google, la première définition qui ressort est la suivante « personne passionnée par les nouveautés techniques, particulièrement l’informatique, l’internet et les jeux vidéo ».
Comme synonyme, on obtient en premier résultat le mot « nerd », celui-ci se définissant par « personne passionnée de sciences et techniques, notamment d’informatique, et qui y consacre la plus grande partie de son temps ».
Ces deux appellations sont indiquées comme étant des anglicismes.

Alors nous sommes allés chercher les définitions des deux mêmes termes dans des dictionnaires anglophones et voici les résultats :
Geek (noun) : unfashionable or socially inept person (fr : personne démodée ou socialement inapte)

Nerd : a foolish or contemptible person who lacks social skills or is boringly studious
Ex : I was a serious nerd until I discovered girls and cars (fr : personne folle ou méprisable qui manque de compétences sociales ou qui est ennuyeusement studieux, exemple : j’étais carrément un nerd avant de découvrir les filles et les voitures)

Le dictionnaire Cambridge en fait une définition similaire encore plus explicite : a person, especially a man, who is not attractive and awkward or socially embarrassing, ex : he was a real nerd in high school, I can’t believe he’s so handsome now. (fr : une personne, souvent un homme, qui n’est pas attirant et socialement embarrassant, ex : c’était un vrai nerd au lycée, je n’arrive pas à croire qu’il soit aussi beau maintenant)

En lisant ces indications nous avons pour l’instant le portrait d’un homme, laid, ennuyeux, méprisable et intéressé/avec des capacités dans tout ce qui est du domaine des nouvelles technologie.
Les dictionnaires et les langues elles mêmes n’arrivent cependant pas à se mettre d’accord sur une définition stable et universelle du mot « Geek ». En soutient à ce constat, les différentes conférences auxquelles nous avons assisté pour ce workshop nous démontrent elles aussi que la figure du geek est relative aux générations et cultures qui l’ont exploitée. Des notions plus anciennes telles que le boutonneux à casquette devant son ordinateur sont mises à mal par des figures actuelles comme Elon Musk, Steve Jobs ou Mark Zuckerberg. La "geekette" fait également son apparition, bien qu’elle continue au jour d’aujourd’hui à avoir du mal à se faire une place.

La question de « voulons nous explorer une figure du geek universelle, intergénérationnelle ? » est donc biaisée par le caractère évolutif de cette même figure et est dès lors inexploitable. La question de la représentation figurative quant à elle a également été remise en cause. Nous qui faisons partie d’une génération baignant depuis toujours dans l’image, le paraître, voulons nous vraiment explorer le geek dans ce qui le caractérise physiquement, dans ses clichés ?

Tous ces questionnements ont débouché vers un constat : Tout le monde n’a pas le même rapport à la technologie. Le critère qui s’est montré le plus évident fut celui de l’âge. En effet, la technologie, croissant de façon exponentielle, fut plus que présente ces dernières années (l’exemple le plus flagrant étant l’utilisation du Smartphone) et ne cessera d’atteindre d’autres horizons toujours plus rapidement.

Notre souhait fut alors d’explorer le geek à travers les générations.

Voilà pourquoi nous avons décidé de descendre dans les rues pour rencontrer des passant de toutes les générations (enfant, ado, parents, 4ème âge) et de leur demander ce qu’était pour eux « une figure de geek ». Cette demande a pris la forme de croquis très spontanés mais surtout d’échanges oraux. Ainsi, n’ayant pas rencontré des Léonard De Vinci modernes, l’aspect physique du geek n’est plus ce qui le caractérise, il n’est qu’une enveloppe prête à accueillir ce qui découlera des interviews.

Nous avons ainsi obtenu un panel très large de formes et corps qui, étonnement, sont dans la majorité très éloignés des clichés que nous pourrions avoir en tête. Pour chaque dessin, une phrase clef a été retenue, venant renforcer le détachement forme/essence de la figure du geek.

Cette première étape achevée, il nous fallait à présent exploiter la matière à disposition par un moyen propre à notre génération. La modélisation 3D +- imposée coulait de source. Une sélection de dessins fut donc sculptée grâce à Meshmixer.

JPEG - 3 Mo

Ayant accès à une imprimante 3D, nous avons également jugé intéressant de profiter de celle-ci pour concrétiser notre projet.
L’imprimante fonctionne par technique additive de filaments plastique HIPS, rendant compliqué la modélisation de fins détails suspendus. Il faut également compter en moyenne 17h pour une reproduction 3D.

A ce jour, 3 des modélisations ont été reproduites

Et après plusieurs étapes de retouches manuelles, les résultats obtenus sont concluants.

La phrase clef retenue pour chaque dessin fut également inscrite sur chaque socle :
A gauche - Morgan, 11 ans, "Un Geek ne dort pas... il se met en veille."
Au centre - Roger, 70 ans, "Une personne à problème"
A droite - Maurine, 22 ans, "Has-been"

La finalité de ce projet peut donc se résumer ainsi : la découverte de différentes figures de geek à travers les générations et par le détachement des clichés physiques de celles-ci au profit de l’échange oral.

La figure du geek ? To be continued...

Kartheuser Julien, Lachaux Mahée, Sofia Lambinon, Elioth Joris

Par Core-corps Geek, 18 novembre 2018